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Projet A412 : une autoroute au milieu du vivant

11 oct.
9 min de lecture

Environnement, société et biodiversité — 10 octobre 2026


Je suis en colère. Mais je suis surtout profondément triste de voir ce que nous faisons à notre planète.

Cet été encore, nous avons parlé des canicules, des sécheresses, des incendies et de ces températures de plus en plus difficiles à supporter.

Nous avons vu des personnes chercher désespérément un peu d’ombre, des animaux souffrir de la chaleur et des forêts partir en fumée.

Les scientifiques nous alertent depuis des décennies. On nous parle d’urgence climatique, de biodiversité, de protection des espèces et de l’avenir de nos enfants.

Et pendant ce temps, que faisons-nous ?

Nous continuons à abattre des arbres, à détruire des forêts, à bétonner les sols et à construire de nouvelles routes.

Parfois, je me demande si nous avons vraiment compris ce qui est en train de nous arriver.



Les arbres ne sont pas des décorations

Un arbre, ce n’est pas juste quelque chose de joli à regarder. C’est tout un petit monde vivant ! Des oiseaux, des écureuils, des insectes et bien d’autres espèces y trouvent refuge.

Les arbres nous protègent aussi de la chaleur, absorbent du CO₂ et participent au cycle de l’eau.

Et pourtant, nous continuons à les abattre, parfois après cent ans de croissance, en pensant qu’il suffit d’en replanter quelques-uns ailleurs.

Mais un jeune arbre ne remplace pas un arbre centenaire, et une forêt ne se reconstruit pas en quelques années.

Je trouve absurde de détruire ce qui nous protège naturellement, pour ensuite dépenser des fortunes à essayer de réparer les dégâts.

Et si on commençait simplement par protéger ce que la nature nous offre déjà ?


L’A412 : une autoroute au milieu du vivant

En Haute-Savoie, le projet d’autoroute A412 me révolte particulièrement.

Cette autoroute de 16,5 kilomètres doit relier Machilly à Thonon-les-Bains, dans le Chablais.

 Le 28 août 2026, le préfet a signé l’autorisation environnementale, et les travaux ont commencé quelques jours plus tard.

Le projet est porté par AMEDEA, une société liée au groupe Eiffage.

Selon les associations opposées au projet, près de 180 hectares d’espaces naturels et agricoles sont concernés, notamment des forêts, des prairies et des zones humides.

Parmi les espaces menacés se trouve la forêt de Planbois, qui abrite une faune et une flore précieuses.

Des oiseaux, des mammifères, des amphibiens et de nombreuses autres espèces dépendent de ces milieux pour vivre, se nourrir et se reproduire.

Et tout cela pour une nouvelle autoroute.


Ce que cette autoroute va détruire sur son passage

Voici les dégâts annoncés par la construction de l’A412. Et franchement, ils sont énormes ! Quand on sait que les températures vont continuer à augmenter et que les sécheresses risquent de devenir de plus en plus fréquentes, je trouve ça encore plus grave.


Des forêts, des zones humides et des cours d’eau détruits

On parle de près de 85 hectares de forêts et de fourrés, de 55,9 hectares de zones humides concernés par les travaux, de plus de 71 hectares de milieux naturels ouverts et de presque 3 kilomètres de haies.


Les zones humides sont pourtant très importantes

Elles absorbent l’eau de pluie, la filtrent et la rendent petit à petit aux ruisseaux. Elles permettent aussi de mieux résister aux sécheresses.

Et ce n’est pas tout ! Le tracé de cette autoroute doit traverser une quarantaine de cours d’eau.

La destruction a d’ailleurs déjà commencé. Selon France Nature Environnement, plus de 30 hectares de forêt avaient déjà été rasés au 2 octobre.


Et les animaux dans tout ça ?

Il y a déjà tout un monde qui vit dans ces forêts, ces prairies et ces rivières. On y trouve notamment 110 espèces d’oiseaux, 10 espèces d’amphibiens et 24 espèces de chauves-souris recensées dans l’étude du projet.

Les amphibiens et les chauves-souris recensés sont tous protégés.

Il y a aussi le castor d’Europe, le chat forestier, le triton crêté et le sonneur à ventre jaune.

Tous ces animaux ont leur place dans la nature. Ils y vivent, s’y nourrissent et s’y reproduisent.

Et nous, nous arrivons avec nos machines pour détruire ou transformer leur habitat, simplement pour gagner quelques minutes sur une route.


Même l’eau potable est concernée !

L’autoroute doit aussi passer dans une zone qui protège un captage d’eau potable, celui du Bois d’Anthy.

L’Autorité environnementale considère même que c’est le passage le plus critique du projet.

Elle avait demandé de faire passer la route ailleurs ou, au moins, de l’éloigner davantage.

Mais non ! Le tracé n’a pas été déplacé. À la place, on prévoit des fossés et des bassins étanches pour limiter les risques.

Je trouve quand même incroyable qu’on puisse envisager de tels travaux dans une zone aussi importante pour notre eau potable.


Et le climat alors ?

On nous parle sans arrêt de réduire notre pollution, de faire attention à notre consommation et de protéger la planète.

Mais cette autoroute représenterait 286 000 tonnes équivalent CO₂ sur vingt ans, selon l’Autorité environnementale.

Cette même autorité estime que le projet ne respecte pas la stratégie nationale bas-carbone.

Alors je me pose une question : à quoi bon demander aux citoyens de faire des efforts si, de l’autre côté, on continue à construire des projets qui vont à l’encontre des objectifs climatiques ?


On nous promet des compensations…


Bien sûr, pour compenser les dégâts, il est prévu des mesures sur 328 hectares, dont 145 hectares de zones humides à recréer ailleurs, ainsi que 45 passages pour les animaux.

Certaines zones, comme les tourbières, ne peuvent même pas être recréées à l’identique.


Je trouve tout cela complètement absurde. On détruit des forêts, des zones humides, des habitats d’animaux protégés, et on prend même des risques avec l’eau potable.

Et tout cela alors qu’on sait très bien que nous allons avoir de plus en plus besoin de ces espaces naturels pour faire face au réchauffement climatique.


Une forêt ne se remplace pas

Pour moi, une forêt ne se remplace pas simplement en plantant quelques arbres ailleurs. La nature a besoin de temps, parfois de centaines d’années, pour créer tout cet équilibre.

Nous passons notre temps à parler de protection de l’environnement, mais quand il faut choisir entre la nature et le béton, j’ai l’impression que c’est encore trop souvent le béton qui gagne.


Mais pourquoi faut-il toujours construire de nouvelles routes ?

Qui va profiter de cette autoroute ?

  • Eiffage, via AMEDEA et APRR : le principal bénéficiaire économique attendu. Le concessionnaire va construire et exploiter l’autoroute jusqu’en 2079 et récupérer l’argent des péages.

  • Certains automobilistes et travailleurs frontaliers : principalement ceux qui se rendent à Genève et qui pourraient gagner du temps, mais en payant un péage.

  • Les entreprises de transport routier : elles pourraient profiter d’un trajet plus rapide pour leurs marchandises, même si le péage des gros camions sera plus cher que sur la plupart des autoroutes récentes.

  • Les industriels de la région : certains soutiennent le projet pour faciliter le transport de marchandises.

  • Danone (usine d’Évian) : pourrait éventuellement profiter de la nouvelle route pour ses transports, mais cet avantage n’est pas démontré. L’entreprise affirme que le projet ne présente « pas d’enjeux économiques et opérationnels » pour Évian.


En résumé : le concessionnaire espère gagner de l’argent grâce aux péages, certains usagers gagneront du temps, mais tout cela aura un coût pour les automobilistes et des conséquences importantes sur la nature.


Pour protéger les arbres et le vivant


Les « écureuils », ces personnes qui grimpent dans les arbres pour les sauver

J’ai découvert des images qui m’ont beaucoup touchée.

Dans la forêt de Planbois, des militants surnommés les « écureuils » grimpent dans les arbres et y restent parfois plusieurs jours et plusieurs nuits pour empêcher leur abattage.

Je trouve cela à la fois magnifique et profondément triste.

Magnifique de voir des personnes prêtes à se battre pour protéger une forêt et les animaux qui y vivent.

Mais triste de voir que nous en sommes arrivés là !

D’un côté, des machines qui détruisent en quelques minutes des arbres qui ont mis des dizaines d’années à pousser. De l’autre, des personnes perchées dans leurs branches pour essayer de les sauver.

Le 7 octobre, France Nature Environnement a signalé à la justice des abattages qui auraient été réalisés dangereusement près de militants installés dans les arbres.

Personne ne devrait avoir à risquer sa sécurité pour défendre la nature.


Et si le problème était aussi notre système économique ?

J’en ai assez de voir l’argent et le profit passer avant les humains, les animaux et la nature.

Quand je regarde une forêt, je ne vois pas du bois à vendre ou un terrain à exploiter. Je vois tout un monde vivant, des arbres qui ont mis des dizaines, parfois des centaines d’années à pousser, des animaux qui y trouvent refuge.

Pour moi, la forêt, c’est ma maison, mon sanctuaire, mon équilibre.

Je ne suis pas contre les entreprises ni contre le progrès, mais je pense qu’il est temps de revoir nos priorités. Nous vivons sur une planète aux ressources limitées et nous ne pouvons pas continuer à tout produire, consommer et détruire sans penser aux conséquences.


Le progrès ne devrait pas se faire au détriment du vivant.

Pourquoi ne pourrions-nous pas imaginer autre chose ?

Une société qui accorderait davantage de place à la santé, à l’éducation, à la biodiversité, au bien-être, à l’entraide et à la qualité de vie.

Une société où l’on réparerait davantage, où l’on partagerait, où l’on apprendrait à vivre plus simplement et en harmonie avec la nature.

Il existe déjà des initiatives autour de la décroissance, de l’économie sociale et solidaire et de la coopération.

Tout cela mérite qu’on s’y intéresse.


D’autres solutions existent pour les transports !

Avant de construire une nouvelle autoroute, pourquoi ne pas développer davantage le transport des marchandises par train et étudier d’autres solutions moins polluantes ?

Pour en savoir plus :

Des exemples pour vivre autrement

Pour aller plus loin et protéger nos forêts, il existe d’autres modes de vie, plus en harmonie avec la nature. Voici quelques initiatives que j’avais envie de partager avec vous.


  • Le Hameau des Buis — France

En Ardèche, des habitants ont développé un lieu de vie collectif, avec des maisons écologiques, des espaces partagés et une approche tournée vers la nature.


  • L’écovillage de Sainte-Camelle — France

Dans l’Ariège, des habitants ont choisi de protéger juridiquement leurs terres grâce à un dispositif permettant de préserver durablement certains milieux naturels.


  • Olivia Gay — Une artiste proche de la forêt

Cette violoncelliste française a trouvé dans la nature une source d’équilibre et d’inspiration. Elle associe sa passion pour la musique à la sensibilisation à la protection des forêts.


Le combat pour protéger la forêt

Heureusement, certains refusent de baisser les bras

Face au projet de l’A412, des habitants, des agriculteurs et des associations se mobilisent depuis des années : France Nature Environnement Haute-Savoie, l’ACPAT, le collectif Stop A412, la Ligue pour la protection des oiseaux et bien d’autres organisations participent à la défense des milieux naturels menacés.


Des recours en justice ont été déposés.

La Ville de Genève et plusieurs communes genevoises ont également engagé des démarches pour demander la suspension des travaux.

Une audience sur la demande de suspension des travaux est prévue le 14 octobre 2026.

Je trouve important que ces personnes et ces associations puissent faire entendre leur voix.

Et surtout, je pense que ce combat dépasse largement la construction d’une autoroute.

Il nous oblige à réfléchir à la place que nous voulons laisser à la nature.


D’autres personnes luttent aussi pour les arbres

Thomas Brail est un arboriste-grimpeur français, militant écologiste et fondateur du Groupe national de surveillance des arbres (GNSA).

Il s’est notamment fait connaître en grimpant dans les arbres et en menant des grèves de la faim pour dénoncer leur destruction.


Et nous, que pouvons-nous faire ?

On se sent parfois impuissant devant toutes ces destructions.

Pourtant, nous pouvons apporter notre soutien, chacun à notre manière.

Un don, quelques heures de bénévolat, une participation à un rassemblement pacifique ou simplement le partage d’informations fiables peuvent être utiles.

Et il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’argent ou de temps pour donner un petit coup de main.


Envie d’aider ?

Sur le site de France Nature Environnement, vous trouverez des informations sur les associations qui se mobilisent contre l’A412 et leurs actions.

Si vous souhaitez leur apporter votre soutien, que ce soit par un don, du bénévolat ou simplement en partageant leurs initiatives, chaque geste compte !


J’aimerais simplement que nous apprenions enfin à considérer la nature autrement que comme une ressource à exploiter.

Parce que nous aussi, nous faisons partie de ce monde vivant.



Sources et références

Cet article est une réflexion personnelle, rédigée à partir de différentes sources d'information, de reportages, de documents officiels et de publications d'associations engagées dans la protection de l'environnement.


Pour approfondir le sujet et vérifier les informations :


Presse et reportages

Associations et informations sur l'A412

Documents officiels et environnement


Les opinions et réflexions exprimées dans cet article sont personnelles.

Rachou Créa — Le bruit du monde

1 commentaire


detandt.didier
il y a 4 heures

C’est seulement lorsque « l’homme » aura abattu le dernier arbre restant, qu’il ce posera peut être enfin la question du pourquoi il n’entend plus le chant des oiseaux, qu’il y aura des inondations à tout va et plus d’air à respirer, plus rien à manger à part des cailloux ou poussière . L’homme est un loup pour l’homme, mais surtout pour toute la faune et la flore !!!

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